Si Ferrari constitue, à l’évidence, la représentation la plus courante du mythe automobile; ce qui se fait de meilleur à Maranello se trouve bien loin des images d’Épinal. Et si parfois le Blenheim Gang se résigne à enfoncer quelques portes ouvertes, c’est dans l’unique but de lutter contre les idées reçues au sujet de l’automobile. Une consigne dont l’application, si elle est stricte, n’est pas incompatible avec une démarche pacifiée : il suffit de bien choisir son exemple. A ce titre justement, attardons-nous quelques instants sur la Ferrari 456 GT.

Ferrari 456

Les Ferrari ne sont pas toujours rouges :

Et à vrai dire, cela n’a rien d’une mauvaise chose, puisqu’il existe bien d’autres teintes qui leur vont tout aussi bien, si ce n’est mieux. S’agissant de la 456, le goût de la clientèle – bien assisté par l’excellent nuancier – aura pour conséquence des choix d’une sobre élégance. Ainsi, une fois n’est pas coutume, le rouge n’aura pas le monopole des ventes. Le dessin quasi parfait de Pininfarina en sera le premier bénéficiaire, ce dont quelques illustrations devraient vous convaincre.

Ferrari 456

Les Ferrari ne sont pas toujours des sportives :

Aux côtés des traditionnelles berlinettes, cohabitent des GT 2+2 aussi luxueuses que discrètes. La 456 GT fait partie de ces dernières et privilégie volontiers un certain confort aux performances pures. La présence d’une suspension pilotée et d’une boite automatique optionnelle reflète la philosophie de l’auto : pour voyager vite et loin, il faut savoir ménager le conducteur. Road & Track écrira au sujet de la GTA “[It] gets the job done, but without the tautness and direct mechanical sensitivity of a manual Ferrari gearbox.” “a calm, civilized traveling companion with lots of power on tap, allowing fast travel with few demands on the driver”. Nous ne voyons rien à redire à cela.

Les Ferrari ne sont pas toujours hors de prix :

A l’achat du moins. Exception faite de la F40, les modèles du début des 90’s sont même relativement abordables. La 456 GT n’échappe pas à cette règle. Trop récente pour un « collector » et trop ancienne pour une deuxième main, elle souffre de surcroit d’une très large diffusion. Son arrivée massive sur le marché de l’occasion coïncidant avec une nette préférence des patrons d’établissements de nuit pour les SUV, la 456 GT semble condamnée à vivoter pour quelques temps encore. A condition de pouvoir en assurer l’entretien, c’est le moment de faire les petites annonces.

Ferrari 456

Les Ferrari ne sont pas toujours désirables :

Mais celle-ci, oui ! Lors de sa présentation à Paris en septembre 1992, elle vient coiffer une gamme qui – rétrospectivement – n’avait pas si fière allure. Entre deux modèles hérités de la première moitié des 80’s (Mondial T et 512TR) et une 348 qui peine à convaincre, la 456 GT n’aura pas de mal à séduire. En 1993, le magazine Autocar résumera la situation ainsi: “[The Ferrari 456 GT] is more refined, more comfortable and a sight more sophisticated than any car ever to be built at Maranello […] Whether you look at it, sit in it or drive it, it all adds up to one simple fact: The 456 is the greatest grand tourer the world has ever seen”.

Ces éloges prennent tout leur sens lorsque l’on considère qu’il faudra attendre 2003 pour que la 456 GT soit relevée de ses prérogatives. Non contente de vieillir au sein de la gamme, cette auto affronte désormais avec une grâce peu commune les outrages du temps. Au fond des parkings des beaux quartiers, parfois sous une fine couche de poussière, il n’est pas rare d’en découvrir une qui affiche avec une certaine fierté six chiffres au compteur. L’idée de l’user d’avantage n’est certainement pas pour nous déplaire.

Ferrari 456