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Il y a des films qui définissent un genre entier. Vanishing Point (Point Limite Zéro) est de ceux-là. Classique parmi les classiques il est également l’un des plus aboutis aussi bien sur le fond que sur la forme.

– You got any ups ?
-You mean speed ?
-Yeah.

Vanishing point c’est l’histoire de Kowalski, un convoyeur de voitures chargé de livrer une Dodge Challenger R/T blanche survitaminée de Denver jusqu’à San Francisco. Il prend le pari d’effectuer ce trajet en quinze heures pied au plancher entraînant vite à sa poursuite les polices de quatre états.

N’évitant pas les poncifs du cinéma d’action (héros solitaire au passé torturé, grosses cylindrées, poursuites spectaculaires et personnages parfois caricaturaux) ce film aurait pu n’être qu’un divertissement vite avalé puis oublié. Et pourtant, entre la réalisation de Richard Sarafian, la photographie de John Alonzo, l’interprétation tout en retenue de Barry Newman et l’aura de la Challenger il se passe quelque chose qui transcende un scenario très classique.

Rarement l’ouest américain n’aura été aussi bien filmé, à la fois rude, sec, hostile à la vie, usant les hommes et les machines, et synonyme de liberté, d’espoir et d’oubli. Rarement image et musique n’auront été aussi élégamment accordés. Et encore plus rarement un film d’action n’aura été aussi profond et mélancolique.

Car Vanishing Point ce n’est pas seulement une voiture qui file à travers le désert, c’est aussi un homme qui se retourne sur son passé, sur ce qu’est devenue sa vie, sur ce qu’il peut espérer tirer du futur, et qui fait un choix. Celui de rester en mouvement, coûte que coûte.

Si vous n’avez pas encore vu cette petite merveille il est temps de combler vos lacunes, mais surtout optez pour la version européenne du film, la version US étant amputée d’un passage entier avec Charlotte Rampling. Et Charlotte Rampling à 25 ans ça ne s’ampute pas.

Texte : Maciej