Les pilotes de Formule 1 ont leur championnat, les constructeurs aussi, mais les ingénieurs, ceux qui font gagner le plus de temps au tour aux monoplaces, restent dans l’ombre. Allumez la lumière, le Blenheim Gang organise son propre championnat pour répondre à la question essentielle : mais qui est le meilleur d’entre tous ?
Comment savoir qui de Colin Chapman, de Ross Brawn, de Gordon Murray ou d’Adrian Newey est le meilleur ? Pour les départager, c’est simple : prenons comme unité de classement le nombre de titres pilotes remportés à bord de voitures pour lesquelles ils ont eu une influence majeure (que ce soit en tant que concepteur, directeur technique, ou tout autre rôle de premier plan). Pourquoi les titres pilote et pas constructeur ? Parce que le premier est le Graal de la discipline, et que le championnat constructeur n’existait pas au début de la discipline – sans compter qu’à l’époque des châssis client, son attribution était un peu foutraque. Pour affiner ce classement, il suffit de départager tout ce petit monde au nombre de victoires en GP accumulées par « leurs » monoplaces. Easy.
Notre classement ne retient que 15 noms, celui des 15 ingénieurs qui peuvent se targuer d’au moins 3 titres pilotes. Vous n’y trouverez donc pas trace de Luigi Bazzio, Carlo Chiti, Peter Berthon, Bernard Boyer et Frank Dernie (un titre chacun), ni d’Aurelio Lampredi, Rudy Uhlenhaut, John Cooper, Ron Tauranac, Derek Gardner, Gordon Coppuck ou de Steve Nichols (2 titres chacun).
Voici donc les titans de la Formule 1. Et le vainqueur est ?
#15 MAURICE PHILIPPE – 3 titres, 37 victoires
Dans l’ombre de Colin
Concevoir les F1 les plus innovantes de son époque et une gamme complète de voitures de route, tenir les rênes de son écurie, piloter son avion et prendre des selfies avec Maggie Tatcher : non Colin Chapman ne pouvait pas tout faire. C’est pour cela qu’il demanda à l’ingénieur anglais Maurice Philippe – qui avait planché sur l’avion de ligne Comet 4, et qui courait sur Lotus 7 – de s’occuper de lui dessiner quelques monoplaces. Puis Maurice partit chez Parnelli, avant de concevoir les F1 de Tyrrell durant une décennie, sans grand succès. Il ne lui manquait que Colin.
#14 BOB BELL – 3 titres, 39 victoires
Le discret
Aérodynamicien pour les McLaren de Lauda et de Prost de 1982 à 1988, on le vit chez Benetton en 1997, Jordan en 1999, puis chez Renault à partir de 2001, où il officiera en tant que Directeur Technique, signant les deux monoplaces qui donneront ses titres à Fernando Alonso. Nommé Team Manager après le Crashgate, il rejoint Mercedes (Directeur Technique) de 2011 à 2014. Après une pige de 5 mois comme consultant pour Manor, on l’annonce de retour à son poste de Directeur Technique chez Renault en 2016. Il est partout, mais on ne parle pas (trop) de lui. Bob est un garçon discret.
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