Les appareils supersoniques civils sont suffisamment rares pour que nous traitions l’exhaustivité du sujet. Après nous être penché sur le cas du Concorde, une délégation du Blenheim Gang prend la direction des bureaux d’études Tupolev afin de savoir ce qu’il en retourne. Attention, en Russie, on ne badine pas avec l’industrie aéronautique.

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Né d’une décision de 1962 du gouvernement soviétique, le TU-144 allait connaître une histoire chaotique et au final peu glorieuse comparée à celle du Concorde.

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Le premier prototype s’envole en 1968, au dessus de Zhukovsky, sous l’œil d’Alexei Tupolev, fier d’être à l’origine du premier vol d’un appareil supersonique destiné à un usage civil.

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L’allure du supersonique russe est proche de celle du franco-britannique, notamment en raison d’un cahier des charges similaire, mais les différences sont réelles : le TU-144 fait par exemple appel à deux plans canards à l’avant pour améliorer sa portance à basse vitesse, conséquence d’une flèche d’aile de forme différente, à double delta. De même l’implantation des nacelles des réacteurs, et leur forme, n’a pas grand chose à voir.

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D’ailleurs, tordons le coup à une légende qui à la vie dure : non, le TU-144 n’est pas qu’une copie du Concorde. S’il est bien établi que l’espionnage allait bon train chez Sud Aviation à cette époque, le bureau d’étude Tupolev a fait plus que reprendre les plans stricto sensu, s’en servant plutôt pour valider les options choisies.

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La carrière commerciale du TU-144 fut compromise après le dramatique accident du Bourget en 1973. Ainsi, il entra en service le 26 décembre 1975, transportant du fret entre Moscou et Alma-Ata en préparation d’une ouverture de la ligne au trafic passagers, qui intervint finalement en novembre 1977. Six mois plus tard, le crash d’un autre TU144 en vol de qualification allait sceller son sort : le vol Aeroflot du 1er juin 1978 fut le cinquante-cinquième et dernier vol régulier avec des passagers.

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Malgré la reprise des vols de fret en 1979, le TU-144 effectua seulement 102 vols réguliers avant la fin définitive du service commercial. Il connu une seconde carrière au sein du programme spatial Buran puis lors d’un partenariat avec la NASA après l’effondrement du bloc soviétique.

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Condamné commercialement par sa fiabilité très relative, on ne peut rester insensible à l’allure du TU-144 : c’est un bel avion.