Mercredi s’élanceront les concurrents du Blenheim Carburetor Rehab Run. Les critères d’engagement étant relativement simples, le plateau promet d’être varié. Certains ont choisi la puissance, d’autres la technologie ou bien encore la fiabilité. Et puis, il y a ceux qui préfèrent s’en remettre aux années d’expérience : voici donc quelques mots sur celle qui sera la doyenne de l’épreuve.

Lancia bêta? Autobianchi Lutece? Volvo 340? L’hésitation n’a plus été longue quand nous avons essayé la Volvo 142.

Une compétitrice idéale, certainement (aveuglés) bercés par l’image de Ole Anderson qui fait voler son auto au Baja 1000 en 1972: lourde propulsion, réputation à toute épreuve, peinture course deux tons, rapport de contrôle technique sur deux pages, un poussif deux litres de 82 chevaux de conception très classique (c’est à dire facile à réparer) et une sellerie en pied de poule jaune avec réglage lombaire.

Lors des premiers tours de roues, le constat est évident: l’engin n’est pas fiable du tout. On peut faire un quart de tour de volant sans actionner les roues, les freins n’arrivent pas à ralentir la voiture, pas plus que l’échappement ne contient les hoquets du moteur tandis que le moindre relief dans la route permet à l’auto de manifester par divers couinements prononcés que le Baja 1000, c’était 31 ans et 329 000 km plus tôt.

Après un bref check up qui permettra à la voiture de récupérer ses ailes d’antan, la liste des travaux est longue: mâchoires de disques avant bloquées, ligne d’échappement inexistante, colonne de direction HS et supports moteur inexistants. Le temps est compté et notre équipe virtuelle est séparée de deux départements. Nous planifions de nous réunir pour deux week end de mécanique afin de remettre le monstre du Périgord aux normes routières de ce nouveau siècle.

Cette réunion doit commencer par 260 kilomètres supplémentaires.
« Je suis rassuré »
« Oui tu as vu, je suis arrivé sans soucis »
« Non, je suis rassuré qu’elle soit à ton nom cette caisse »

Le premier week end nous permet à peine de dégrossir: Montage d’un échappement, principalement aidés d’une masse et d’une scie à métaux, démontage et dégrippage des étriers de freins… qui ne sont finalement pas grippés. L’anxiété commence à nous saisir: la voiture ne freine toujours pas et les pièces Volvo sont rares. Nous mettons à profit les quelques semaines qui nous séparent de notre second week end de mécanique pour sourcer toutes les pièces: supports moteur, flexibles de freins…

Heureusement, à l’issue du délais qui nous était impartis, la 142 se comporte maintenant comme une vraie auto:
– Les flexibles de freins ont solutionné notre appréhension des descentes pyrénéennes,
– Les supports moteurs qui étaient cassés en deux ont été remplacés,
– Grâce à l’astucieuse utilisation de deux guides de soupapes antiques, nous avons réussi à résorber le jeu dans la direction.

A quelques jours du départ, notre auto vient de passer le contrôle technique. Elle roule sans aucun problème et nous révèle petit à petit des bribes de son tumultueux passé: