Vous en avez assez d’entendre parler du Nürburgring ? Nous aussi, d’autant plus que nous avons trouvée une piste bien plus amusante, quelque part dans la campagne allemande, entre Kassel et Hanovre : le Bilster Berg Driving Resort.
Voici une piste toute neuve, puisqu’elle a été inaugurée le 1er juin 2013, qui n’a d’autre objectif que de servir au constructeur pour des essais ou des présentations, et aux particuliers pour des roulages, car aucune infrastructure n’a été prévue pour accueillir des spectateurs. Dessiné par Herman Tilke, le parfois controversé architecte des circuits de Formule 1 – qui semble s’être bien amélioré depuis ses débuts – le tracé ondule en suivant les reliefs du sommet d’une colline boisée qui servait auparavant de dépôt de munition pour l’armée anglaise. Les bâtiment de l’ancienne base ont d’ailleurs tous été conservés, et ont été convertis en garages ou en réceptifs.
Le tracé est absolument spectaculaire, avec un relief de montagnes-russes, des enchaînements de courbes se suivant à un rythme de mitraillette au milieu des arbres. Cela ne vous rappelle rien ? Si les 4,2 km du Bilster Berg sont loin d’égaler les quelques 20,8 km de la Nordschleife, il lui reste trois atouts majeurs dans sa manche : l’enrobé de la piste est absolument parfait, lisse comme un billard, les échappatoires sont parfaitement sécurisées, et il offre 200m de dénivelé par tour.
Derek Bell en parle dans ces termes : « C’est un véritable circuit de Grand-Prix, mais on croirait qu’il a été construit dans le jardin de quelqu-un. Ce circuit propose des sections qui sont équivalentes à tout ce que le Nürburgring peut offrir, et il est un peu comme Brands Hatch : il faut être au bon endroit au bon moment. » Nous y avons fait quelques tours musclés en Mercedes A45 AMG, voici comment cela se passe.
Le premier freinage est le premier challenge : la ligne droite des stands se termine en courbe à gauche, dans laquelle il faut se placer idéalement pour attaquer une épingle en montée sur la droite (qui s’ouvre tout de suite sur la gauche), tout en trouvant le point de freinage optimal. Bon courage. Une courte ligne droite, un S, une autre ligne droite, et l’on entre dans un complexe de virages qui va vous donner le tournis. Droite, gauche, droite, gauche, droite sur crête, très courte ligne droite, maintenant prenez votre souffle, ça se corse, un gauche en compression, un droite très rapide sur crête, sans visibilité qui se poursuit dans la compression, une bosse juste devant vous. Vous ne voyez rien ? Tant mieux, parce-que de l’autre côté c’est un gauche dans un véritable précipice, dont on ne voit pas la sortie. Il faut donc freiner quelque part dans cette compression on la voiture est déjà déséquilibrée latéralement, avant de la faire délester et subir des charges latérales inverses… Un moment fort.
Le gauche est interminable, la voiture se décale de plus en plus vers l’extérieur dans sa chute. On souffle à peine dans la ligne droite en montée, qui se fait en deux paliers, car encore une fois, le sommet est totalement aveugle : ralentir juste un peu, c’est la que se trouve l’apex d’un droite rapide. La suite est en descente, et le paysage est enfin dégagé : on peut souffler un peu, on se jette dans le pif-paf et on glisse dans la longue et ondulée ligne droite.
À son extrémité un long virage à gauche, assez rapide, qui ouvre sur une autre section très nürburgienne : un enchaînement de courbes très rapides s’achevant sur un long gauche se refermant, en montée sur la ligne droite principale. Wow !
Le plus beau circuit d’Europe ? Nous vous laissons seul juge : une visite s’impose.

Les commentaires
Il a l’air d’accueillir du trackday tout de même (vidéo 1) non ?
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