Pierre Paulin, né en 1927 à Paris, débute sa carrière au cours des années 50 avant d’atteindre son apogée sous les années Pompidou.

D’abord designer freelance pour l’éditeur Artifort (qui édite toujours ses créations), Pierre Paulin a très vite recours à des formes sculpturales et aux couleurs vives pour ses créations qui soufflent un vent nouveau sur l’univers feutré des intérieurs d’alors.

A son arrivée au pouvoir, Georges Pompidou – épris de modernisme – lui demande d’habiller le fumoir, le salon aux tableaux, la salle à manger et la bibliothèque du Palais de l’Elysée. Avec pour consigne de « ne pas entendre un coup de marteau ». Un véritable challenge quand l’on connaît les contraintes qui s’appliquent quand l’on décide de s’occuper d’un bâtiment de cette nature. Pierre Paulin aura d’ailleurs recours à de nombreuses fausses cloisons, véritables seconde peaux destinées à épargner les murs et décors d’origine tout en appliquant ses recettes, bien ancrées dans les années 70’.

S’inspirant du mode de vie oriental, où les invités s’assoient en groupe à même le sol, parfois surélevés de coussins, Pierre Paulin conçoit souvent des assises basses : principe particulièrement bien illustré par le fauteuil « tongue ».

Mais l’œuvre de Pierre Paulin qui nous semble la plus innovante en terme de design et d’esthétique reste la « table cathédrale » (1980), en aluminium anodisé, recouvert d’une dalle de verre.

Le travail de Pierre Paulin a subi la fluctuation des modes et des goûts, qui après l’avoir laissé dans l’ombre le projettent à nouveau dans la lumière. On peut cependant toujours le qualifié de moderne et d’innovant.

Texte : Arnaud