La bibliothèque du Congrès va archiver toute la doc relative à la première Cobra Daytona, suite à son classement à l’US Heritage Documentation. Cette auto, propriété d’un musée, est la première à recevoir cette distinction. Cela me fait sourire et cela m’émeut. Parce que la Daytona a comme toutes les Cobra fait l’objet d’un juteux commerce de répliques, dans lequel ce vieux renard de Shelby a bien trempé. Paix à son âme. Parce qu’aussi elle demeure l’une des GT de course les plus sexy.
A l’image d’un Giugiaro, Peter Brock était tout jeune quand il a dessiné ce grand classique, vers 1963. Il avait fait ses premières armes chez General Motors à l’âge de 19 ans et participé à la naissance de la Corvette C2 via le concept Sting Ray. Il voulait être pilote mais aussi designer, voire ingénieur. C’est ainsi qu’il a quitté l’université de Stanford,au milieu de sa première année, pour forcer les portes de l’Art Center, avant de constater qu’il n’avait pas les moyens de financer ses études. A la recherche d’un job, il a retenu l’attention de Chuck Jordan qu’il lui a ouvert les portes du design GM. Là, il a rencontré des fans de compétition, à commencer par Bill Mitchell et un certain Anatole Lapine. C’est à peu près en 1961 qu’il a rejoint Shelby, pour s’occuper de son école de pilotage, à l’aube de l’aventure Cobra, dont il sera pour ainsi dire le premier compagnon. Brock a donné à la Cobra la carrosserie qui lui manquait pour battre la Ferrari 250 GTO, plus fine et plus légère.
Touche à tout et épris d’indépendance, Brock s’est par la suite mis à son compte à l’enseigne de Brock Racing Entreprises et il a commercé avec les japonais. Cela a donné la Samurai à mécanique Hino, son deuxième grand fait d’arme, en 1967, à mi-chemin entre proto et GT. Il a aussi fait courir des Datsun 510. Plus récemment, il a fricoté avec des sud africains sur une réplique de la Daytona. La Superformance Daytona (licenciée Shelby) est une cousine de la Perena Zagato… rebadgée AC Cobra ! Ironie du sort, un pilote australien de renom s’est tué sur la route au volant d’une de ces répliques. Il s’appelait lui aussi Peter Brock. Le « vrai » Peter Brock cultive à présent ses souvenirs et donne dans le photo journalisme.
