Franck m’a toujours habitué à ouvrir des box, sous-sols et autres granges remplis de nouveaux engins prêts à rouler, partir, jamais bien loin mais toujours avec le sourire. Ce dimanche, je suis passé lui rendre visite, avec nonchalance. Une petite 500 gris souris était tapie au fond du garage.

Il venait de lui greffer un bloc de 126 récupéré sur une autre 500 la veille, une bielle de la première ayant décidée de s’échapper. Les affaires de Franck sont toujours plus ou moins compliquées…

Après divers échanges techniques autour d’une Pelforth, je m’installe dans cet intérieur minuscule, très kitsch. Starter, démarreur à tirette, on gave un peu le Weber et la caisse entière s’ébroue au rythme du 600cc. Première, crac, seconde on tente vainement un double débrayage et ça passe, dans un autre crac. Le pédalier est désarticulé et il me faudrait des ballerines pour y-arriver proprement, tant pis. Crac.

Une fois lancé en 4e, je ne touche plus à rien. On file à vive allure sur les petites routes au bord du Loing, les mouvements de caisse et l’empattement laissent croire que l’on roule à 150, nous étions à 70… Les freins, l’absence de syncros et les pneus de section inconnue me rappelèrent vite que sans être rapide la conduite d’une 500 se montre très sportive surtout qu’il faut sans cesse cravacher le moteur qui est quasiment posé sur la banquette arrière.

Puis nous nous enfonçons dans les sous bois vers une carrière de sable, où le gardien se montrera féroce et hostile à notre venue, malgré notre sympathique auto – qui par contre rencontra un franc succès quand nous avons croisés une bande de “teens” dans un petit village reculé. C’est toujours ça de pris.

C’était un bon dimanche.

C’est une Fiat 500 et ça le restera, un point c’est tout. C’est forcément mignon et attirant. Même si ce n’est juste qu’une demi sphère et 4 roues.

Le moteur oscille entre une Jawa poussive et une tronçonneuse. Sympathique, bien qu’un peu léger, même si j’imagine qu’une bande de sympathiques
passionnés ont dû concocter des recettes pour viriliser l’ensemble. Merci à eux.

Suspension-raquette de tennis qui vous éjecte à l’inverse de votre courbe, freins inexistants, mais diaboliquement vissée à la route. Normal, vu la vitesse.

À garder, restaurer, bricoler, même si ca déjà été fait sur une grande partie des 500 qui ont survécues à la rouille. À moins de casser votre PEL attaquez vous dès maintenant à la Panda 850 de votre grand-tante, le vent tournera sans doute un jour.

C’est incontestable, troquez votre Piaggio MP3 contre une 500 et vous deviendrez ce gentil-bobo-pratique qui à toujours une place au chaud en sortant de chez Moune. Vous pourrez même embarquer les copines en rade de taxi. Attention, la batterie résiste mal aux soirées en warning-double file.

La 500 a toute notre sympathie, si elle n’était un choix ultra-consensuel pour celui qui veux rouler différent, tout en faisant exactement comme tout le monde. Blenheim Factor ultra-consensuel, donc.

Texte et photos : Pierre Sautelet