7h, réveil face aux montagnes, il ne fait ni nuit, ni jour et on entend au loin le ronflement des dameuses qui grimpent, lentement et surement. C’est toujours étrange d’être aux sports d’hiver, dans une station vide, et un hôtel digne de Shinning (de part sa fréquentation). sauf que mon hôtel ressemble à celui d’un vieux film de James Bond en Autriche, “Le Pic Blanc” accroché à sa falaise, je prends donc le temps de me délecter de la vue au petit déjeuner pendant que le hall commence à grouiller de “Continental Partners”.

Barbour bien fermée, bonnet vissé, écharpe serrée, chaussures non-étanches aux pieds je m’étale à l’arrière de la classe E du manager en direction du circuit, libre entre deux manches du Trophée Andros. Il fait -7°, les mécanos s’affairent autour de nos flambantes Clio RS blanches digne d’un “Alpinweiss du nuancier BMW”. Ils montent les jantes en 17′ anthracite dotées du fameux Conti Winter Contact “830P” (d’après le powerpoint, hein).

Pendant que les moteurs chauffent notre gentil-instructeur, Arnaud Sarrazin nous explique brièvement ce qu’il faut faire et ne pas surtout faire , en résumé, bien taper dans les freins, appel-contre appel et ne pas aller exploser le pare choc dans un mur de neige par excès d’optimisme. Let’s go !

Bien calé dans le baquet, (non Recaro) je laisse les 200 chevaux tenter de motricer, mais nous l’aurons compris, même en 4ème de la glace reste de la glace. Néanmoins, en roulant sur le couple la petite voiture se laisse guider, avec son train arrière léger au lever de pied, et les courbes passent de plus en plus vite. Là où les pneus neiges impressionnent, c’est lors du test de freinage en descente accompagné de virages très serrés, rien, il ne se passe rien, c’est à dire la voiture s’arrête, tout en suivant le guidage du volant. Bluffant je dois le dire, on sent que tout travaille efficacement, moi qui suis habitué à des voitures ou l’on réfléchit à deux fois plutôt que de piller.

Comme on a bien joué sans rien casser on a eu le droit d’aller plus haut dans les montagnes pour déjeuner et déguster un peu plus librement les autos. Route un peu sale, mélange de neige fondue et de boue mais la voiture tient le pavé, c’est plaisant, et rassurant.

Nous étions prévenus qu’une surprise nous attendait au circuit au retour, et quelle surprise ! Des engins d’agriculteurs snobs, sorte de quad équipé d’un big block Rotax, un volant, un arceau et deux semi baquets, le tout chaussé de pneus cloutés. En bref, tout pour s’amuser réellement sur cette piste au format plus Kart que Groupe B.

C’est bien simple, un casque (sans la charlotte, merci) une paire de gants, une pédale de gaz et une pour les freins, 2 ou 4 RM, des équipes et un drapeau de course. Nous voilà partis couteau entre les dents, prêts à en démordre, le Polaris se laissant placer avec une facilité déconcertante, le tout en large glisse pendant que les pneus remuent de grands nuages de poudreuse, très gratifiant, vraiment.

Retour à l’hôtel, frigorifiés mais heureux, comme de grands enfants qui avaient fait de la luge (de grand) toute la journée. Une virée au mini-bar Electrolux plus loin, une descente au Spa s’impose. Damn, pas de peignoir dans ma “junior suite” ! Là je me retrouve en plein David Lynch mais sans Laura Palmer, l’ambiance est magique : vu la faible fréquentation de l’hôtel toutes les lumières sont éteintes, la piscine et le jacuzzi se retrouvent seulement éclairés par les guirlandes de noël disposées dans les sapins qui bordent la véranda.

Une fois les activités aquatiques passées nous nous retrouvons autour d’un verre dans la grande salle de l’hôtel, une personne du staff me fait remarquer que mes Heschung ne survivront pas à ce qui nous attends pour aller diner. Mince, je n’avais pas prévu d’expédition, donc retour chambre pour enfiler mes “chaussures-encore-mouillées” , génial.

Par contre c’était mérité : une dameuse Kässbohrer nous attendait  – quasiment en double file à la réception – pour grimper dans un restaurant d’altitude. Ca valait le détour, 20 minutes de montée au milieu de rien, sans repères, juste le paysage galactique dû à la pleine lune, balayé par les phares de l’engin. Un chalet avec un grand feu nous attendait, un repas ou l’on à mélangé tartiflette, raclette et les tord-boyaux de la vallée. Quelques shots de Genepi, et de retour à l’hôtel un petit groupe se décide à une virée au mythique Igloo Club. Le très aimable et efficace logisticien de Continental nous embarque en Subaru pour se frotter à la faune locale, c’est à dire une meute d’anglais et anglaises bien éméchés, sortis on ne sait pas bien d’où.

Ma foi, les gin tonics étaient parfaits et Lady Gaga pouvait continuer de piailler, j’étais suffisamment fatigué pour encaisser.

Texte et photos : Pierre Sautelet