Suite du carnet de bord de Giovanni lors de la première Blenheim Coupe des Alpes.
Day 3. Mercredi 9 Septembre.
La mort du Pizzaiolo, c’est du Radis.
La nuit a été capricieuse, avec un orage particulièrement puissant qui retentit dans l’obscurité Castellane. Au réveil, même si un soleil radieux a envahi la vallée, l’ambiance chez les locaux est toute autre. En effet, l’orage de la nuit, d’une violence inhabituelle, a fait pas mal de dégâts. Il paraît même qu’une intempérie comme celle-ci ne s’abat sur la région que tous les dix ans en moyenne. Et il a fallu que cela tombe sur nous… Enfin, à part un peu d’eau s’étant infiltrée dans la Miata, rien ne nous a vraiment dérangé, si ce n’est l’absence de croissants chez le boulanger ce matin là, au même titre que les journaux quotidiens, faute de grève.
C’est par un chemin ou l’on retrouve le même type de montagne rosée de la veille que nous reprenons la route. Avec le soleil, la découverte des lieux devient carrément sublime, et on se rend compte qu’en 40 ans rien n’a changé. Pourquoi ? Souvenez-vous, les vieilles cartes postales de L’aubergiste :
Et voici aujourd’hui (Ou comment jouer au jeu des 7 erreurs).
Après avoir croisé quelques locaux un peu énervés de l’accélérateur et quelques membres de l’organisation secrète D.D.E., nous changeons de décors en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, car voici les tableaux que nous avons pu découvrir en moins de 30 kilomètres :
Quelques tours de roues plus tard, ascension d’un nouveau col, ou nous sommes littéralement arrêtés par un gigantesque troupeau de moutons. Le temps de repartir et de faire une petite pause photo en haut du col…
…nous naviguons vers de nouveaux horizons : les Hautes Alpes, et le lac de Serre-Ponçon :
Mais l’heure est venue de faire notre désormais incontournable pause déjeuner du midi, qui va nous réserver, faute de belle tranche pizza, une belle tranche de rigolade. En effet, car dès notre arrivée, nous sommes pris en charge par Robby (nous l’appellerons comme ça), qui nous apprend que nous ne pouvons commander des pizzas, pourtant sur la carte, car son pizzaiolo est mort. Enfin façon de parler, car dans un mélo d’explications confuses, il part dans une explication délirante, désormais culte (a prononcer gaiement) :
« Non, je ne peux pas vous faire de pizza, car mon pizzaiolo est mort. Enfin, mort. Disons qu’il était là, et puis pouf pouf, il à disparu. Mais on en a eu un, hein… mais plus maintenant… enfin bref il est mort quoi ».
Si tu le dis.
Retour sur les petites routes direction le massif de Dévoluy, ou la montagne nous réserve encore un superbe tableau :
La descente du massif se fait encore avec son lot de petites routes et de lacets. Nous ne tardons d’ailleurs pas à croiser une automobile en mal de propriétaire. Si vous cherchiez une voiture et de par la même faire une excellente affaire, nous avons trouvé ce qu’il vous faut :
L’heure tournant, nous arrivons gentiment vers notre étape du soir : DIE. Cette ville, d’apparence tranquille et dont la spécialité viticole s’appelle La Clairette, nous apprendra plus tard beaucoup de choses : que certains commerçants ont une excellente mémoire, que d’autres ferment leurs restaurant au beau milieu de la soirée (20h30), et que l’alcool fait parfois de gros ravages. C’est rejoins par notre très cher Paul Reynolds que nous nous retirons dans nos appartements finir la soirée, pour effectuer une dégustation des produits locaux en bonne et due forme.
Day 4. Jeudi 9 Septembre.
Blenheim Alpina Cup, the last Day to Val d’Isère.
Dring, dring. 7H30. J’ai l’impression de n’avoir fermé les yeux qu’un instant. Le décollage s’avère difficile pour tout le monde, car il faut bien avouer que les quelques derniers jours ont été intenses. Aller on se réveille : petit dej’, petit tour à l’extérieur histoire de prendre un bon bol d’air frais (et pur), histoire de se mettre sur pied en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Le temps, au passage de prendre quelques clichés sous la fraicheur matinale.
Contact, démarrage. C’est au quart de tour que démarre notre désormais fidèle monture qu’est cette Miata, toujours étonnante de fiabilité malgré les rudes sollicitations que nous lui avons infligé ces derniers jours. Le temps de faire chauffer la mécanique, nous commençons -histoire de changer- par l’ascension d’un col…
… en continuant par ce que nous avons surnommé « la mer de Sapins »:
Nous poursuivons notre chemin jusqu’à proximité de Grenoble, ou il est déjà temps de faire devinez quoi : la pause déj’, of course!
A croire que les éléments se déchainent contre nous : nous tombons encore ce jour-ci sur un serveur qui arrive dans le top 3 des serveurs les plus anecdotiques de l’année. Disons plutôt que ce dernier, avec un anglais très approximatif, semblait roder un sketch de son dernier spectacle de stand up vis à vis de certaines tables à la clientèle Anglo-Saxonnes, la lourdeur en plus. Note pour plus tard : tenter de comprendre, par le biais d’une étude sociologique, ce qui se passe dans la tête de certains serveurs de brasseries du sud-est. Je pense que cela pourrait être intéressant.
Mais je sais ce que vous dites : il ne pensent qu’à bouffer, dans cette Coupe des Alpes. Et bien oui, nous aimons les bonnes tables, nous ! Mais également les belles bagnoles : celles qui ont du style, et qui roulent à l’Octane 98, Môssieur.
Mais je m’égare. Tellement que j’en oublie de vous présenter le clou du spectacle de cette journée : Le barrage. Un tableau spectaculaire qui vaut son pesant de cacahuètes.
Suivi de très près par le panorama d’un nouveau col, ou s’entremêlent pluie et beau temps. A tel point que Mr Reynolds, ayant une panne intermittente de lève-vitre avant gauche, doit recourir à son parapluie en guise de protection pluviale. Esthétiquement superbe.
De retour sur les routes avec encore une centaine de kilomètres à parcourir… une occasion de constater que le Road Book commence à devenir avare d’indications. En effet, nous apprendrons à nos dépends que celui-ci est doté de la finitions Fiat dans sa grande époque 80’s. Comprenez par là d’apparence valorisante, mais fini à la va-vite. Mais n’assommons pas trop son auteur, et voyons plutôt ici une occasion parfaite pour optimiser ce dernier pour les futures éditions, car il faut tout de même souligner qu’à part quelques changements de direction malheureux sur cette fin d’étape, nous retrouvons en général très vite notre chemin.
Peu après (et après avoir subi une chute d’amplitude thermique d’environ 15 degrés) nous franchissons enfin les frontières de Val d’Isère, qui scelle par la même officiellement notre première Coupe de Alpes. Nous avons froid, nous avons faim (tiens donc), et nous sommes fatigués, mais nous somme heureux.
Mais trêve de blabla, souvenons nous que Val d’Isère, c’est la montagne, et que mange-t-on à la montagne ? Et bien du fromage, tiens. Malgré le fait que nous soyons en septembre, je vous rappelle que nous avons 5 degré tout au plus à l’extérieur. Raison de plus. Direction un resto bien connu des locaux pour y déguster quelques livres de fromage fondu et sa tonne de charcuterie (sans oublier un peu de salade). Miam.
Notre séjour prends des airs de fin, mais sans demander notre reste nous allons nous coucher, usés par une journée encore riche en sensations.
Le matin du lendemain et son soleil montagnard sera l’occasion parfaite pour immortaliser la photo officielle de ce road trip. C’est avec toute ces belles images en tête que nous reprenons la route pour Paris, avec une seule envie : celle de recommencer. Vivement l’année prochaine.
THE END.
Dans un prochain épisode, vous découvrirez un nouveau carnet de bord : la Blenheim Coupe des Alpes vécue depuis la BMW Z3.
Texte et photos : Giovanni
