Hundertwasser Darmstadt

Cette semaine, le Blenheim Gang s’attaque au cas étrange de Friedensreich Hundertwasser, artiste autrichien dont l’œuvre protéiforme mérite d’être plus connue.

HundertwasserNé dans les années trente à Vienne, Hundertwasser a insufflé, dans une création autrichienne en berne après guerre, un esprit de liberté certain, d’abord par sa production picturale puis par les quelques bâtiments auxquels il apporta sa touche d’excentricité.

Hundertwasser n’aime pas les lignes droites, tracées à la règle, tout simplement parce qu’il pense qu’elles ne sont pas naturelles. Il préfère généralement les courbes et les spirales, très présentes dans ces travaux dès les années 1950. Farouchement opposé au minimalisme, Friedrich Stowasser (son vrai nom) avoue aussi un fort penchant pour la couleur qu’il utilise afin d’égayer le monde qui l’entoure.

Hundertwasser, arbre locataire

L’homme apprécie également l’écologie qui est selon lui une nécessité. Il pense qu’il est indispensable de réconcilier la nature à l’homme dans nos sociétés modernes et que celui ci doit se réapproprier l’espace qui l’entoure. D’où l’idée quelque peu loufoque de « l’arbre locataire », exemple probant d’un rapprochement entre l’homme et la nature, au détriment du béton.

Hundertwasser

Dans l’œuvre d’Hundertwasser, rares sont les choses soumises aux lois d’une stricte logique : les courbes et les couleurs côtoient des mosaïques bigarrées ou des coupoles dorées. Comme il considère que les maisons sont faites de fenêtres plutôt que de murs et qu’un peintre n’a pas forcement besoin de savoir peindre, on ne peut nier son approche différente et décomplexée de l’art et de l’architecture. Et réussir à nous faire retenir à quoi ressemble une usine d’incinération n’était pas une gageure ; il l’a relevée avec brio.

Hundertwasser incinérateur

Hundertwasser haus 1

Hundertwasser haus 2

Texte : Arnaud Rey