Senna, la biopic du champion de Formule 1 brésilien sort de mercredi. Nous avons pu le voir en avant-première et sommes unanimes : il faut aller voir ce film au cinéma. Voici pourquoi.
Prost ou Senna ? Demander cela à un fan de Formule 1 c’est entrer sur un terrain glissant, et s’exposer à une confrontation verbale sans fin à base de mauvaise foi, de souvenir erronés et de déformations affectives. Puisque vous lisez ces lignes, il est fort probable que vous parliez français, et que votre mémoire ait été formatée par les médias hexagonaux, tout acquis à la cause de notre Alain national. Et donc que, si vous étiez dans les année 80 en age d’avoir une opinion tranchée, vous considérez sans doute Ayrton comme un dangereux et méchant mystique dont la folie constituait une menace pour tout autre pilote engagé au championnat.
Autant vous prévenir tout de suite, le visionage de Senna risque de bouleverser un peu vos idées reçues. Comme son nom l’indique, le film retrace la carrière du pilote brésilien, et donc, forcement à choisi son camp. On y découvre un Ayrton Senna à la pureté surprenante, amoureux du sport automobile et du pilotage, et refusant catégoriquement le aléas de la politique sportive. Un homme venu en F1 pour gagner au volant, et non pas dans le bureau de Jean-Marie Balestre, grand manitou de la FIA d’alors. On y découvre aussi Prost sous un angle nouveau, du moins en France : celui d’un pilote mauvais perdant, manipulateur, et pleurnichard, comme en témoigne la séquence à Suzuka ’88 où il se précipite dans le bureau de son compatriote de Jean-Marie pour exiger – et obtenir – la disqualification d’Ayrton suite à un crash dont ou sous-entend – enfin – qu’il aurait pu tout aussi bien être provoqué par le pilote français…
Orienté ce documentaire ? Peut-être, mais peu importe, car son propos n’est pas de cataloguer Ayrton comme le gentil, et Alain en méchant. Il s’agit avant tout de découvrir le parcours exceptionnel du pilote, son ascension en F1, sa gloire, mais aussi pénétrer son intimité, sa vie de famille, ses moments de détente au Brésil – via des tonnes d’images d’archives inédites. Bien sur, on sait tous comment cela fini à Imola, en 1994, et le film s’attarde longtemps sur le week-end fatidique, avec là encore des images totalement inédites, comme celle d’un Ratzenberger fébrile à quelques minutes de son accident fatal, confiant qu’il doit se calmer un peu car il ne contrôle plus sa voiture…
C’est ce genre d’images qui font la magie du film qui compile de façon scénarisé une foule de séquences connues et inédites, que ce soit des extraits pris sur youtube ou dans les archives de la FIA, pour créer une belle histoire – quitte à en occulter certaines qui ne collaient pas avec le script, comme le mythique Grand Prix de Donington, ou encore les adieux à Prost au matin du GP d’Imola… Surtout, n’attendez pas la sortie en DVD pour découvrir ce fabuleux documentaire : vous n’aurez sans doute pas de seconde chance pour voir de vraies images de Formule 1 sur grand écran – et ça, ça change tout.
Senna, le trailer officiel :
Texte : Yan Alexandre, photos : Norio Koike – tous droits réservés.



Le dernier argument “vous n’aurez sans doute pas de seconde chance pour voir de vraies images de Formule 1 sur grand écran” est imparable.
z’êtes certain pour le soporific help ?
Et puis, je ne sais pas s’il faut le dire ici… Mais ce film présente l’immense avantage de ne pas martyriser les images historiques par des logos floutés. Que c’est bon, de voir ça en plein écran !
Tu as bien raison Yan ! Au moins en regardant ce film on ne regarde pas de la Formule 1 sur TF1 !
E puis revoir en grand écran sa qualif de 1988 à Monaco, une main sur le volant l’autre sur le changement de vitesse et talon-pointe en veux-tu en voilà, c’est de l’art ! L’homme est habité ! A+
Guillaume C.
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