Les Quick Test du Blenheim Gang continuent d’explorer les produits automobiles contemporains. Aujourd’hui nous prenons le volant de la première voiture actuelle à avoir été pensée “100% électrique”, la Nissan Leaf. Histoire de voir quel avenir les constructeurs nous reservent-ils.
C’est triste à dire, car nous n’avons jamais été aussi catégorique, mais le doute n’est pas permis : la Nissan Leaf est actuellement pour nous la voiture la plus laide du marché. Oh, vous trouverez sans doute moins interessante, ou plus quelconque, mais aucune n’atteindra ce niveau d’ingratitude visuelle. Et pourtant, sa carrosserie a été travaillée dans les moindres détails, dans le but de favoriser l’écoulement de l’air : déflecteurs partout, phares dotés de protubérance guidant l’air… même l’antenne avec son design de stylet participe à limiter les turbulences. Problème, tout cela semble avoir été fait sans aucune considération esthétique, du moins pas au goût européen. Non seulement son profil de gros chausson n’a rien de séduisant, mais ses curieuses contrecourbes au niveau de son gros fessier nous font dire que la Leaf est aussi la première voiture à avoir du gras. Beurk.
Même constat à l’intérieur, avec un tableau de bord futuro-japonais, dans la lignée de ceux auxquels Honda nous habitue depuis quelques années, avec notamment une double casquette d’instrumentation digitale plutôt confuse. La console centrale s’inspire librement de la forme d’un iPad, alors que le levier de vitesse disparaît au profit d’un curieux galet en plas-toc. C’est différent, ce qui n’est pas forcement un compliment.
Pour une placide familiale, l’arrivée instantanée de l’intégralité de la puissance dès le démarrage surprend un peu – sans défriser comme sur des voitures éléctriques plus puissantes, comme la Mini-E. On atteint plus rapidement que l’on imaginait des vitesses assez élevées, d’autant plus que contrairement aux indications du constructeur la Leaf n’est pas du tout bridée à 140 km/h. Reste qu’une fois cette barre dépassée, l’autonomie baisse sensiblement. 160 km, cela reste peu, et le plus grand thrill que l’on ressent alors est celui de… la panne “sèche”. À notez, à ce chapitre, que l’intelligent GPS de la Leaf indique sur sa carte les zones impossible à atteindre, en plus de toutes les bornes de rechargement. Pas bête.
Drôle de sensations au commande de ce gros jouet. Le volant sur-assisté donne l’impression de n’être reliée à rien du tout, et une curieuse sensation de flottement ponctue chaque virage. Comme si l’on conduisait un bus, loin devant les roues avant. On nous explique que cela provient de la répartition des masses très différentes, avec notamment les batteries au centre de la voiture, sous le plancher. Hum, cela ne devrait t-il pas au contraire améliorer les choses ?
Vraie-fausse pionnière (relisez donc notre histoire de la voiture électrique), la Nissan Leaf inaugure un nouveau chapitre de la mobilité. Le temps gommera ses défaut qui apparaîtront sans doute alors comme des curiosités. Reste à savoir si, à l’instar de nos gadgets technologiques à l’obsolescence de plus en plus rapide, il sera encore possible de faire rouler une Leaf dans quelques décennies (recharger, trouver des batteries…). Rien n’est moins sur.
Vu de l’extérieur, ce point n’est pas gagné d’avance. À vous de trouver les bons mots pour réveiller la conscience écologique qui sommeille en toute girl. Penser à Jane Fonda pourrait vous aider. Par contre oubliez les auto-stoppeuses : vous ne pourrez de toute façon pas les déposer plus loin que la station de métro la plus proche.
Une auto à vocation familiale rentre difficilement dans l’exercice délicat du Blenheim Test et ses critères de sélections aux aspirations bien différentes. Au delà des points listés ci-dessus, un nous chagrine particulièrement, car primordial pour toutes nos automobiles : l’impossibilité de pouvoir voyager au volant de la Nissan Leaf. Pas faites pour nous les voitures électriques ? Pas sur, l’exemple de l’Exagon Furtive-eGT nous a prouvé le contraire. Patience…
Texte et photos : Yan Alexandre



















On est à Nice alors ça casse!
Etron visuel en 2011, peut elle cette auto fera t’elle les joies des amateurs de design décalé tendance 2000 dans 30 ans ? Pour l’heure, c’est juste nul.
Bravo pour la rédaction, quel style.
Bah, pas sexy, c’est sûr, mais le plus gros défaut de cette “pionnière”, c’est d’être née sous le signe du design Goshn. Ça ne pardonne pas.
Jusque là, les Nissan récentes récupéraient les tentatives de style du Technocentre incompatibles avec le losange à moustaches.
Et puis, bien vu, Corsaire.
Voiture la plus laide de l’année ? Je m’insurge ! La Renault Mégane CC et le Ford grand C-Max la battent à plate couture. Cette malheureuse japonaise n’a droit qu’à la troisième place du podium selon moi…
En théorie vous avez raison, mais en pratique on peut se permettre de placer bien plus d’ambitions dans cette japonaise, sensée être la voiture la plus innovante de l’année, et donc essayer de se distinguer par son style. La Mégane CC n’est qu’une variante d’une carrosserie existante, alors que la Ford n’est qu’une variante sage d’un style maison. On peut leur pardonner maladresses et lourdeurs, parce que finalement on n’attendait rien d’elles…