Nous adorons détester la Bugatti Veyron. Mais ne sommes-nous pas complétement à côté de la plaque ? Une seule façon de le savoir : en prendre le volant.

Depuis quand détestons-nous la Bugatti Veyron ? Toujours, sans doute. Lorsque le Blenheim Gang est né, fin 2003, sous la forme du webzine html, nous lui consacrions déjà un article dans feu notre rubrique Anti-Blenheim. Une chronique qu’elle partageait avec la Mercedes-Benz SLR :

« À force d’attendre, nous n’y croyons plus vraiment. Quatre ans après leur présentation sous les spotlights des salons, la Bugatti Veyron et la Mercedes SLR vont enfin pouvoir fouler de leurs roues les autoroutes désertes des Émirats du Golfe Persique. Il est amusant de constater à quel point ces deux symboles de la mégalomanie de l’industrie automobile teutonne sont semblables. Quatre ans ! Dur de parler de nouveautés, tant leurs lignes nous sont connues. Vues, revues, bientôt démodées ? »

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« […] En face Herr Doktor Piëch, après sans doute une choucroute un peu trop arrosée, a décidé de passer la barre des 1000 chevaux. Joli coup marketing, on n’arrête pas d’en parler, mais attendons de voir les premiers essais… D’ailleurs, pour séduire des clients tout aussi mégalomaniaques que lui […] nous avons droit à un joli indicateur de puissance à l’intérieur. Louable attention. Une aiguille qui se déplacera donc au même rythme que le compte-tour. […] Question design, Bugatti nous soigne là aussi… la ligne est d’une fadeur savamment dosée afin de nous rappeler que ce n’est qu’une Volkswagen […] rehaussée par les 2 seuls détails qui la rattachent au passé : une douteuse peinture bi-ton et une vilaine verrue fort mal intégrée en guise de calandre […] Il y a tout de même une justice. La probabilité de croiser l’un de ces monstres sur les routes européennes est fort heureusement proche du néant, nous laisserons à nos amis du Golf Persiques, plus sensibles aux harmonies subtiles des belles carrosseries, cette joie. Nous ne sommes que de jaloux. »

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À vrai dire, il y a encore peu, nous aurions écrit les mêmes lignes – d’ailleurs, nous n’avions pas tout à fait tort, les touts premiers journalistes ayant essayé la Veyron furent pour le moins dubitatifs, faute à une fiabilité mécanique plus que perfectible des modèles de pré-série. Mais maintenant que la Bugatti est une voiture d’occasion, ou plutôt de collection, il nous a paru intéressant de vérifier nos dires in situ. Et comme nous ne connaissions aucun prince Emirati, nous sommes tout simplement allés rendre une petite visite à Molsheim.

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À Dorlisheim, plus particulièrement, où se trouve le Château St-Jean, ancien lieu de réception d’Ettore Bugatti, et aujourd’hui siège de la marque, depuis qu’elle a été relancée par Volkswagen. Malheureusement victime d’une opération de façadisme qui en a fait une simple coquille renfermant des plateaux de bureaux, le château est bien moins intéressant que les dépendances qui l’entourent. D’un côté, l’atelier où toutes les Veyron sont entretenues – plus pour longtemps, l’arrivée du nouveau modèle demandera le déménagement vers un lieu plus grand. Trois bolides s’y trouvent aujourd’hui : l’une des premières Veyron EB 16.4, dans l’iconique robe bleu marine métallisé/noir, une des dernières, et la version Or Blanc à la peinture psychédélique. C’est déjà plus que je n’en ai jamais vu, hors salons. Dans l’autre, c’est le showroom, avec sous bâche les quatre derniers exemplaires qui attendent leurs clients. Je ne peux pas vous donner de détails, confidentialité oblige, mais le degré de personnalisation associé à certains goûts douteux peut piquer les yeux. Enfin, une centaine de mètres plus loin, le bâtiment de production, ultra-moderne nous est fermé, car il est en travaux pour accueillir la future Chiron. Une Veyron à la carrosserie en aluminium poli (au lieu du carbone) fait une furtive, mais brillante, apparition. Le tout dans l’ambiance calme d’un jardin à l’anglaise où apparaît soudainement un troupeau de biches. Quoi que l’on pense de la marque, l’endroit est tout bonnement surréaliste.

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Discrètement celle pour laquelle je suis venu apparaît. Discrètement, question sonorité (nous y reviendrons), mais pas question apparence : noir et orange, ce n’est pas cela qui va nous réconcilier avec la Veyron. La voiture qui nous est proposée est l’une des deux seules que Bugatti ait conservée, soit les deux voitures des records du monde : la Super Sport chronométrée à 431,072 km/h de moyenne, et la Grand Sport Vitesse qui a atteint 408,84 km/h toit déposé. La mienne est cette dernière, et pour tenter de garder une once de concentration, je décide de garder le toit en place.

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LE VERDICT DU GANG

BUGATTI VEYRON GRAND SPORT VITESSE, BLENHEIM TEST

Fiche technique & bilan

Moteur W16 7 993 cm³ 4 turbos, 1 200 ch à 6 400 tr/min, 1 500 Nm à 3 000 – 5 000 tr/min. Transmission robotisée à double embrayages 7 rapports, 4 roues motrices. Freins à disques carbone-céramique. L 4 462 mm, l 1 998 mm, h 1 190 mm, poids 1 990 kg. Vitesse maxi 410 km/h. 0-100 km/h 2,6 s.

VISUAL ATRACTION
8 / 10
MECHANICAL THRILLS
10 / 10
HANDLING
10 / 10
CLASSIC APPEAL
10 / 10
BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY
10 / 10
BLENHEIM FACTOR
6 / 10
Note du Gang9 / 10
Note des lecteurs3.4 / 108 votes · Note historique