Le col Bayard marque le point de non retour. Passé cette limite, le paysage décide de se parer de blanc. En un poignée de minutes, on passe du mois d’aout au mois de décembre. Time Machine. A moi les sports d’hiver !
On retrouve un je ne sais quoi qui évoque les pubs d’époque, où on allait skier dans des villages en BMW ou Mercedes et non pas dans des cités HLM en R18.

090126-riviera-011

090126-riviera-0z

La route ne serpente plus pour de longs kilomètres avant le prochain col, celui des Festreaux.
Mais là haut, autour des cimes, les nuages sont là. Lourds, imposants, menaçants. Je jette un dernier regard au soleil. Je sais que nos minutes de complicités sont comptées.

090126-riviera-031

De l’autre côté ce n’est que désolation.
Le plafond est bas et humide. La pluie tombe à moins que non… ce ne soit de la neige.

090126-riviera-041

Puis c’est pire.

090126-riviera-051

Puis c’est encore pire.

090126-riviera-061

Puis c’est le brouillard.

090126-riviera-071

Et on arrive à Laffrey et sa descente connue pour avaler des cars de Polonais au petit déjeuner.

Le brouillard est tel que l’on voit à peine les multiples panneaux avertissant les imprudents poids lourds que plus loin c’est terra incognita. Les flash lumineux n’éclairent qu’à quelques mètres.

090126-riviera-081

Puis vient la descente. L’interminable glissade vers les enfers. Sept kilomètres avalés en seconde, le chapelet entre les dents.
Bah ce n’etait pas si dramatique. Dit on une fois en bas.

090126-riviera-091

A Grenoble il faut prendre une décision. Je ne dois être à Lyon que demain, que faire ?
Le seul Bib hôtel recommandé par la guilde se trouve à Nantua ? Et bien allons y ! Par la nationale ? Bien sur !

Je vous passe l’interminable procession de villages et de lignes droites qui mènent à Chamberry. C’est après que ça devient interressant : la D1504. On contourne d’abord le lac du Bourget, face à Aix-les-Bains. Puis après le tunnel la route valonne pour emprunter un court mais magique instant les gorges du Rhône.

La nuit tombe comme la neige, Je navigue au GPS qui me fait contourner la montage au lieu de la couper et gagner des dizaines et des dizaines de kilomètres. Par contre j’y ai sans doute gagné la vie. On n’a rien sans rien.

La route serpente et le GPS, tel une carte de jeu vidéo, est réglé suffisamment précis pour me montrer le tracé de la courbe à venir. Démoniaque.

Ligne droite, deux phares me rattrapent. 130 ? Il est trop court pour me doubler. 1, 2, 3, 4, 5 virages. ? Rétroviseur… la berline moderne est resté quelques centaines de mètres derrière et revient piteusement. Plus aucune action d’intimidation ne sera envisagée. Merci bien.

Dernières épingles, flocons, pompe à essence au bord de la réserve, c’est Nantua et son hôtel « l’Embarcadère » face au lac. Un bon coin pour dormir pas cher. A oublier pour manger. Prétentieux et service « école hôtelière » crispant.

Pas de minibar à vider, je préfère dormir.

texte et photos : Ian Alexander