La Classe A de troisième génération fut sans nul doute l’une des voitures les plus importantes de l’année 2012. En troquant sa carrosserie de mini-monospace pour celle d’un hatchback compact, la A se transforma en la meilleure Golf depuis bien longtemps. Si cette mutation n’était pas non plus d’un intérêt digne de réveiller un membre du Blenheim Gang en pleine sieste, le son de l’échappement de sa nouvelle déclinaison AMG risque fort de perturber le plus profond des sommeils. 
La nouveauté est cette fois de taille. Non seulement c’est la première fois dans son histoire qu’AMG, meilleur représentant actuel de la famille des Euro Muscle Cars, appose son logo sur un quatre cylindres, mais ce dernier affiche le plus haut rendement de la production mondiale ; le 2,0 l turbo développe la bagatelle de 360 ch – soit 180 par litre, c’est beaucoup. Comme nous sommes rarement insensibles devant l’accumulation de chevaux dans une carrosserie en apparence sous-dimensionnés, nous ne nous sommes pas fait prier pour prendre en main ce nouveau bolide.
VISUAL ATTRACTION 5 TWIGGS
Il y a un certain sens de la présence dans le dessin de cette Classe A. Oubliés les délires baroques des années 2000, le style Mercedes s’est brutalement assagi depuis l’année dernière, et la A a été le fer de lance de cette remise à plat du style maison. Fini l’accumulation de gris-gris clinquants, les Mercedes adoptent désormais un dessin tout en muscles finement sculptés. L’attrait de la A est d’avoir réussi à insuffler une dose de sex-appeal sur le segment habituellement bien triste des compactes : au total opposé de la morne Golf, elle séduit avec sa ligne suggestive même dans ses versions les plus basiques : long capot sculpté, large – mais fine – calandre héritée de la SLS AMG (et donc de la 300SL), optiques mesurées, et poupe athlétique. En version AMG, elle se montre logiquement encore plus démonstrative, sans tomber dans l’excès – à condition de ne pas opter pour la grand-guignolesque Edition 1, avec sa bande de capot noire et son grossier aileron teinté de rouge.
MECHANICAL THRILLS 8 TWIGGS
Les données paraissent tellement délirantes que nous nous sentons obligés de les rappeler : 2,0l, turbo, 360 ch (et 450 Nm de couple). Que dire qui ne paraisse pas évident ? La A 45 AMG est une fusée capable d’accélérer à quasiment tous les régimes, sans jamais s’époumoner. Pas une véritable brute, mais elle offre des performances qui semblent absolument délirantes quand on évoque son gabarit. Il y a 30 ans, seules quelques supercars offraient pareil niveau de puissance. Les épaisses palettes de changement de rapport en aluminium forgé sont un jouet diabolique, véritables gâchette de mitrailleuse, elle délivrent une tornade d’une ou – plus grisant – deux rapides pressions. Seul regret, un bruit moteur insignifiant, ponctué, si on a le pied lourd, de déflagrations parmi les plus artificielles que l’on connaisse. Une fois passé l’amusement bête des premiers kilomètres, cela deviennent vite un peu lassantes. Mais comme on aime être bête en AMG, on peut lui pardonner cela.
HANDLING 7 TWIGGS
360 ch dans une traction cela étant un peu beaucoup, Mercedes-Benz a eu la bonne idée de doter la A 45 AMG d’une transmission intégrale – et, tant qu’à faire, d’une boîte à double embrayage. Comme bien des voitures actuelles, elle se montre parfaite dans ses commandes – la direction est dure sans être lourde, les palettes bien positionnées et réactives – et donc d’une précision remarquable. Quelques secondes suffisent pour vous transformer en redoutable pilote sur le plus exigeant des circuits. Diabolique, mais sans fantaisies. Passée l’efficacité pure, elle est donc un peu chiante. Comme nous.
CLASSIC APPEAL 6 TWIGGS
La question est délicate : quelle place pour cette A45 AMG dans un garage idéal ? Loin de ses débuts tonitruants, si le label AMG est toujours signe de voitures soigneusement sur-motorisées, il ne s’est pas moins terriblement banalisé. Celui qui était il y a encore quelques décennies qu’un sympathique artisan appose désormais sa griffe sur pas moins de 28 déclinaisons différentes de la gamme Mercedes-Benz – un chiffre qui devrait encore croitre d’ici la fin de l’année. Pas sur que la plus petite de la gamme tire son épingle du jeu dans un futur proche, en brillant dans une autre case que celle de la grosse GTI gentillement décadente.
BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY 4 TWIGGS
Comme on ne traine pas très souvent dans les établissement de la nuit des VIII et XVIe arrondissements, nous avons eu quelques peines à quantifier le Zahia Pulling Ability. Mais pas sur que son gabarit plus conforme aux aspirations de l’élite de la seconde division suffise à gonfler le score. Peut-être que sa sœur jumelle à coffre, la CLA 45 AMG aurait plus de chance ?
BLENHEIM FACTOR 5 TWIGGS
Sa débauche de puissance avait tout pour séduire le Blenheim Evaluation Committee avide de voitures débordantes de caractère ; manque de chance, la promesse d’une expérience sale comme une nuit dans un bordel stambouliote s’est transformée en exercice à la propreté clinique digne de la Frei-Körper-Kultur. On est ressorti de cette A45 AMG férocement détendu, mais sans cette petite maladie vénériennes qui aurait rendu l’expérience inoubliable.
LE VERDICT DU GANG
MERCEDES-BENZ A 45 AMG
Fiche technique & bilan
Sa débauche de puissance avait tout pour séduire le Blenheim Evaluation Committee avide de voitures débordantes de caractère ; manque de chance, la promesse d’une expérience sale comme une nuit dans un bordel stambouliote s’est transformée en exercice à la propreté clinique digne de la Frei-Körper-Kultur. On est ressorti de cette A45 AMG férocement détendu, mais sans cette petite maladie vénériennes qui aurait rendu l’expérience inoubliable.
- VISUAL ATTRACTION
- 5 / 10
- MECHANICAL THRILLS
- 8 / 10
- HANDLING
- 7 / 10
- CLASSIC APPEAL
- 6 / 10
- BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY
- 4 / 10
- BLENHEIM FACTOR
- 5 / 10







« Comme on ne traine pas très souvent dans les établissement de la nuit des VIII et XVIe arrondissements, nous avons eu quelques peines à quantifier le Zahia Pulling Ability. »
Tu m’as fait rigoler 😉
Hé hé !
Article sympathique, comme toujours !
L’issue du test était quant à elle prévisible. On rigole 5 minutes. Puis on se rend compte que c’est efficace. Et finalement trop efficace pour vraiment s’amuser, d’autant plus sur routes ouvertes avec toute cette puissance.
Cette voiture aurait été plus sympathique en traction, avec 100 chevaux de moins, un DGL mécanique et un vrai train avant. Et… un profil faisant moins pointes de sprinter athlétique, mais ça c’est très personnel.
J’aime beaucoup l’idée de maladie vénérienne que vous utilisez. La dernière voiture récente « virale » a été pour moi la Toybaru BRZ/96. Malgré un moteur aphone et anémique en bas, quel plaisir à conduire. Les roues arrières motrices doivent y contribuer un tout petit peu !
Jolie plume (comme toujours), photos léchées (vous devriez en faire votre métier), j’aime beaucoup votre site, mais franchement les mecs, vous vous la pétez grave (sorry, cela ne fait pas Blenheim Attitude).
Vu le nombre de C63 AMG dernière génération qui trainent par chez moi (on est très loin du 16e), vous devriez remplacer le Girl par Drug Dealer dans la rubrique Pulling Ability…
Je n’ai jamais vu une telle proportion d’un modèle entre les mains de cette faune, même aux pires heures de la M3 e36, c’est dire !