Timberland avait donné la note dans les années quatre-vingt-dix en France, puis disparu pour mieux revenir accompagné de marques « made in usa » comme Red Wing. Le phénomène hipster a démultiplié l’effet mode de cette chaussure tout terrain. Associées au monde populaire ouvrier (work), mais aussi à l’alpinisme (hiking), à la chasse (hunting) ou à la moto (biking), de solides chaussures à consonance utilitaire qu’il ne faut pas sous-estimer.

Nous n’allons pas faire l’énumération des marques qui proposent ce genre de boots mais intéressons-nous aux plus emblématiques à savoir Timberland et Red Wing. On gardera les autres marques comme l’américaine LL Bean, chérie par le style Ivy League avec ses fameuses boots en forme de bec de canard ou les montagnardes Reichle et Rocca Diemme pour une autre fois.

C’est quoi alors cette boots ? Une chaussure montante à semelle épaisse type Vibram, crantée ou non, robuste car prévue initialement pour des besognes en terrain hostile, protégeant des intempéries et des agressions en tout genre dans les métiers manuels. Initiées par les armées avec des chaussures montantes protégeant les chevilles et des bouts coqués, elles ont ensuite été adoptées ou transformées pour le civil afin de protéger les professionnels évoluant dans des univers difficiles comme les mines, les forêts, le bâtiment et les industries lourdes. Elles correspondent à l’époque de la Révolution Industrielle et à l’uniforme de ses acteurs.

Longtemps cantonnées aux domaines utilitaires, à l’armée, la chasse et la pêche, les work boots ont connu un premier vrai boom auprès du grand public dans les années 90 avec la marque Timberland surtout, Caterpillar et Carolina. Des marques américaines avec de fortes histoires qui ont conquis un nouveau public. La Yellow Boot de Timberland, inspiré de la chaussure des bûcherons du début du XXe siècle est la plus représentative. Une jolie couleur beurre frais, une semelle en Vibram crantée ocre soudée au chausson, le mythe était lancé. Cette chaussure devint iconique au même rang que la Converse All Star et participe fortement à la culture streetwear. En Italie, dès les années 80, des jeunes Milanais férus de culture américaine, arboraient fièrement Timberland aux pieds, jeans 501 et doudounes Moncler (déjà…). Ils s’appelaient les Paninari (ils se retrouvaient en bande au Panino Caffè). Tombée en désuétude au début des années 2000, elle est revenue sur le devant de la scène depuis 2 ans, d’une part avec la culture hip-hop et les poids de l’industrie comme Jay Z et d’autre part avec le phénomène hipster et la culture des marques « made in usa » qui sentent bon le vintage, la culture populaire, les matériaux rustiques et la classe populaire.

Ce qui nous emmène vers une autre grande marque américaine, pionnière aussi dans la work boot côté industrie lourde (Timberland était sur le créneau des bois et forêts avec les bûcherons – timber était le mot prononcé entre eux lorsqu’un tronc d’arbre tombe…) : Red Wing Shoes. Si la Yellow Boot s’inspire plus d’une chaussure montante de marche, les Red Wing ressemblent davantage aux chaussures de sécurité des ouvriers. À bout rond ou carré, des cuirs gras et robuste dans des tonalités marron, une semelle crantée ou en Vibram blanche épaisse, elles sont devenues rapidement les chaussures qui complètent parfaitement la tenue des barbus branchés de nos villes. Nous parlons ici des deux modèles les plus emblématiques de la marque qui s’est beaucoup diversifiée aujourd’hui : la Iron Ranger (bout rond) et la Moc Toe (bout carré surpiqué).

Lesquelles faut-il choisir ? Tout homme normalement chaussé se doit de posséder une paire de work boots lors des virées en week-end à la campagne, lors d’une journée pluvieuse de novembre pour se rendre au bureau les pieds au sec (vos souliers dans votre sac/cartable que vous chausserez dès lors que vos pieds toucheront la moquette) ou pour des vacances aux sports d’hiver. Timberland ou Red Wing. Vous aurez plus chaud dans une paire de Yellow Boots, vous ne craindrez aucune ronce, ni pierre chaussé en Moc Toe de Red Wing. Si la Timberland est trusté par le hip-hop aujourd’hui et les Italiens du Pitti Uomo, les Red Wing font l’apanage des hipsters, des Japonais fous de « made in » et de vintage ou des « bikers » en motos custom. Les deux produits sont intéressants, à vous de choisir votre camp.

Les deux chaussures se marient parfaitement à une paire de jeans, un pantalon cargo ou un Chino. Pour les plus audacieux, on pourra porter des Timberland original (pas trop usées) avec un costume en flanelle gris chiné l’hiver. Pour les amateurs de chaussures Red Wing, une seule contrainte, qu’elles soient usées, tachées, râpées et bien graissées. Associées à un jeans brut, une parka type Barbour et une cravate en tricot de laine ce sera parfait.

Ces chaussures pouvant être appelées aussi « combat boots », elles aiment aller à l’affrontement de milieux hostiles, c’est pour cela qu’elles ont été conçues. Alors n’hésitez pas. Lors de votre achat, partez vous mettre au vert (ou au blanc à la montagne) et vous vous donnez 48 heures pour les « bichonner » ! En rentrant, il faut que vos chaussures aient pris 10 ans ! Et chez Red Wing, on peut vous faire un ressemelage complet 3 ou 4 fois…