Conduire
un 4×4, un vrai
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Vous
l’avez sans doute remarqué, les SUV ont envahi
la ville. Où que l’on regarde, on ne voit que
ces gros 4×4 qu’ils se nomment Cayenne, X5, Classe M,
Range Rover ou Touareg.
A vrai dire, ils représentent la quintessence de l’automobile
de luxe : puissants, luxueux, et surtout imposants. Mettez
une énorme série 7 à coté d’un
de ces engins et elle se fera toute petite. Il y a de quoi
ce sentir le roi du monde au volant…jusqu’au moment
fatidique où un petit malin vous fera un sermon sur
l’inutilité totale de ce genre d’engin
en ville, qui n’ a d’autant pas sa place qu’il
pollue, prend de la place et inflige de graves lésions
aux piétons innocents (argument massue surexploité
par nos médias amis de l’automobile). Comment
ça, vous écriez vous, le 4×4 servirait il à
autre chose qu’a frimer dans les beaux quartiers ? Explications.

Rendez-vous
est pris au domaine des Sigalous, dans l’arrière
pays varois, avec mon ami Emmanuel, adepte du tout terrain
pur et dur… Bien, il y a des vignes partout et c’est
plat, ça ne nous change pas beaucoup…Après
lecture du plan, il s’avère que les 2 collines
avoisinantes appartiennent aussi au domaine… Tout de
suite ça devient plus intéressant. Direction
le plateau d’entraînement pour faire connaissance
avec l’engin au biais de quelques figures imposées.
L’engin parlons-en. Un Patrol GR châssis court.
Une bonne brute à l’ancienne. Pas vraiment la
voiture pour frimer en ville. Un vrai 4×4, pas un banal SUV.
Bon il y a la clim tout de même. A première vue
nos « apetisers » d’entraînement sont
avalés sans grosses difficultés. Tout cela est
évidement compliqué, une vague histoire de transmissions
courtes (50 Km/h à fond de 5e), de blocage de différentiel,
de châssis séparé et autres bizarreries
techniques que je vais m’abstenir d’expliquer.
Force est de constater que ça marche plutôt bien,
direction donc les collines et leurs dizaines et dizaines
de kilomètres de petits sentiers escarpés et
déserts.

Premier
constat : on est secoués, ça n’ avance
pas bien vite, ça fait du bruit et de la poussière…mais…ça
passe ! Une autre bizarrerie veut que l’on repère
d’abord l’obstacle voire la totalité de
l’itinéraire avant de le franchir. Autant dire
qu’on passe autant de temps à pied qu’en
voiture (à se demander si tout ça en vaut bien
la peine). A ce propos je voudrais signaler aux néophytes
qu’il vaut mieux rester sagement assis dans son véhicule
lors de ces fastidieuses randonnées, qui n’ont
d’ailleurs d’intérêt que pour votre
chauffeur. Un accident est vite arrivé, il est facile
de glisser sous un 4×4 incliné, ne rigolez pas, je
reviens de loin. Deuxième constat, il n’en faut
pas beaucoup pour rayer une carrosserie avec une brindille…Oubliez
les photos de « votre » ML 55 AMG noir laqué
fonçant dans la brousse, ne tentez pas le diable…
Quant au Hummer H2 de votre voisin, star du show-biz, il ferait
plutôt office de débroussailleur dans les étroits
chemin varois… Oubliez le aussi…

Après
la pause déjeuner, parfaite pour goûter aux produits
du terroir, voila que mon hôte me tend les clés
de l’engin. Finis de faire le malin, retour au plateau
d’entraînement. Le premier obstacle surgit devant
moi. On a beau être assis plus haut, ce gros dos d’âne
n’en demeure pas moins inquiétant. La règle
d’or semble être de passer la première
en boite courte et de laisser l’engin passer tout seul.
Effectivement ça passe. Deuxième bosse un peu
plus haute, ça passe aussi, voila qui met en confiance.
Et de la confiance il va en falloir pour ce nouvel obstacle,
plus haut que notre engin… Voici donc la règle
: Passer toujours sans changer d’allure, ne pas freiner
ne pas accélérer, passer d’un coup. Comprenez
bien il ne s’agit pas de foncer dans le tas d’un
coup, en apnée, en espérant que rien ne casse.
Non il faut prendre le temps de doser la puissance et se lancer
après mure réflexion… Il n’en reste
pas moins que sur la plateau aux obstacles formatés,
cela semble d’une facilité déconcertante…
Ce qui est loin d’être le cas dans la nature comme
nous le verrons plus tard dans la journée…
Après cette initiation, je n’ai plus qu’une
hâte. Rentrer à Paris, trouver un Range Rover
Vogue, et affronter les difficultés de la circulation
urbaine d’un œil nouveau. Partir à l’assaut
des trottoirs, escaliers et barrières diverses, tout
cela est somme toute facile. Et les interminables files d’embouteillages
du périphériques ne seront que l’occasion
de quelques mémorables croisement de ponts…

 

 
texte
et photos: Ian Alexander pour le blenheimgang.com