Conduire une voiture 100 % électrique, ça change quoi ? On les dit lentes, peu autonomes, pas pratiques. Mini remet les pendules à l’heure avec la voiture verte la plus sexy du marché. Nous avons pu la conduire, deux jours avant notre ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo.
À première vue, il n’y a pas grand chose qui distingue cette Mini-E d’une Mini normale. Même bouille craquante que les milliers de ces semblables à essence, ou diesel, qui quadrillent nos rues. Il y a bien quelques décorations jaune anis pour la différencier légèrement, mais qui y prête vraiment attention ? À l’intérieur le constat diffère un peu. Pas la peine de chercher la banquette arrière, un envahissant caisson, rempli de batterie la remplace, condamnant par la même occasion une bonne partie du coffre. Passé ce, comment dire, léger désagrément, je m’installe à bord dans une ambiance tout aussi inchangée…ou presque. Sous mes yeux, à la place du compte-tour, j’ai un étrange compteur qui m’indique le niveau de charge de la batterie.
J’enfonce là clé, appuie sur le bouton du démarreur et… rien ne se passe. Je re-appuie, rien. Encore ? Rien. Ah si, à bien y regarder des informations sont apparues sur le tableau de bord. Première leçon de la journée, non seulement un moteur électrique est extrêmement silencieux, mais à l’arrêt il n’émet aucun bruit, puisqu’il ne tourne pas.
Une pression sur la pédale d’accélérateur et la voiture s’ébroue dans le silence le plus complet, j’appuie un peu plus fort et…me retrouve plaqué dans mon siège, alors que l’aiguille du compteur de vitesse s’affole. Contrairement au moteur thermique dont la puissance est délivrée progressivement, ici les 204 ch sont délivrés instantanément, comme ça sans prévenir, dès le démarrage. Autant dire qu’il faut un minimum de courage et de confiance en soi pour appuyer à fond sur l’accélérateur, ce qui aura pour conséquence de propulser la Mini comme un balle, dans le sifflement du moteur, pendant que l’ESP – le système électronique qui contrôle la trajectoire d’une voiture en cas de problème – se déclenche à tout va pour éviter les dérobades.
Feu rouge, freinage et nouvelle stupéfaction : avant même que je ne touche la pédale de frein, la voiture est arrêtée, une dizaine de mètres avant le feu, sans que je ne comprenne ce qui est arrivé. C’est pourtant simple, le moteur travaillant comme une dynamo géante quand la voiture n’accélère plus, il se passe la même chose que sur un vélo : ça freine ! Et ça freine fort, à tel point qu’une fois le procédé bien assimilé il est possible d’envisager un trajet sans toucher à la pédale des freins, ou presque.
Après 150 kilomètres, l’aiguille du témoin de charge batterie s’approchant dangereusement du zéro, il est temps de rentrer au parking, pour « faire le plein ». Rien de plus simple, un câble relie la « Wallbox » qui sert de chargeur à la prise de la Mini qui se trouve derrière la trappe à essence, enfin… à électricité. Il ne me reste plus qu’à attendre deux heures et demi pour une charge complète avant de repartir. Facile.
Il est inutile de se précipiter dans le réseau Mini pour tenter d’acheter un exemplaire de cette voiture : elle n’est malheureusement pas destinée à être vendue. Il s’agit d’une voiture de test, dont 500 exemplaires ont été confiés à des automobilistes aux États-Unis, Londres, Berlin et bientôt Paris. Le but de l’opération ? Comprendre comment une auto électrique est utilisée au quotidien, tant les réflexes à adopter sont différent de ceux que l’on connait. Si vous avez la chance d’être sélectionnés pour la France, profitez en bien, car on nous l’a avoué : il n’y aura jamais de Mini électrique dans le commerce. Par contre les résultats de cette étude grandeur nature seront appliqués bientôt sur une petite BMW (la marque allemande étant propriétaire de la britannique).
Quoi qu’il en soit, l’avenir tout électrique que laisse entrevoir la Mini-E est plus que convainquant. Dans le cadre d’une utilisation urbaine l’autonomie est largement suffisante, quant aux performances, elles sont tout simplement bluffantes. Préparez vous donc à oublier le vroum-vroum de vos bolides polluants pour le silence de l’électricité. Jean-Louis, attachez votre ceinture, ça va vous plaire.
VISUAL ATTRACTION 5 TWIGGS
C’est mignon une Mini, mais ça commence un peu à sentir le réchauffé. Il serait peut-être temps de réfléchir à ce qu’est une Mini du XXIème siècle, non ?
MECHANICAL THRILLS 8 TWIGGS
Woohoohoo. Il n’y a pas d’autres mots. Dommage que tout cela soit si aseptisé : on aurait aimé un peu plus de fureur sensorielle.
HANDLING 7 TWIGGS
La Mini est fidèle à sa réputation de kart : elle obéit au doit et à l’œil. Un peu lourde sur l’avant, attention tout de même.
CLASSIC APPEAL 5 TWIGGS
On lui laisse le bénéfice du doute, mais il est fort probable qu’on ne se rappelle d’elle que comme d’un énième bizarre truc électrique.
BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY 6 TWIGGS
Ok, la Mini plaît toujours aux gentilles filles, mais elles vont bien ricaner quand elles vont voir l’espace intérieur ridicule.
BLENHEIM FACTOR 6 TWIGGS
Rouler vite avec un bon coup de pied aux fesses, c’est bien, mais on aurait aimé une voiture plus originale que ce qui reste un bricolage. Rendez vous dans le futur pour voir ce à quoi ce prototype donnera naissance.

Les commentaires
[…] Blenheim test de la Mini E, la mini-électrique […]
[…] surprend un peu – sans défriser comme sur des voitures éléctriques plus puissantes, comme la Mini-E. On atteint plus rapidement que l’on imaginait des vitesses assez élevées, d’autant […]
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