the Blenheim Gang Forum: Des Chevaux Et Du Muscle – the Blenheim Gang Forum
Des Chevaux Et Du Muscle
mythologie américaine
#1

Posted 14 April 2010 – 02:38 AM
Pepper, on 12 April 2010 – 03:04 PM, said:
Pour répondre sur les motorisations disponibles sur Mustang en 64 et 1/2, je confirme que ça débute en 6 cylindres en ligne en 170ci (environ 2.8L avec 100ch SAE), puis on passa sur 1965 en 200ci (environ 3.2L avec 120ch SAE)…dispo en boite manu 3, manu 4 et auto 3 en option. Tambours aux 4 coins, pas d’assistance de freinage, des veaux infâmes…
Reste chez nous une image “sport” car la plus grande part des modèles importés à l’époque étaient des modèles “export”, toutes en V8, et bardées d’options “high-perf” (disques AV, freins assistées, suspet’…)
…
http://img694.imageshack.us/img694/2538/mump0910141964worldsfai.jpg
La Mustang fut lancée au printemps 1964, avec la “New York World Fair” en arrière plan. La carrosserie existe d’abord en coupé ou cabriolet. Trois motorisations sont disponibles: le poussif 6 cylindres déjà cité, le V8 260 (4,2 l) 165 hp ou le V8 289 (4,7 l) de 210 hp. Une version haute performance du 289 (271 hp) apparut quelques mois plus tard. A peu près au même moment, le coupé “fastback” s’ajoute aux deux autres carrosserie. Il est aussi disponible avec toutes les motorisations.
Il faut se souvenir qu’aux USA, une auto était vendue “à la carte” et que l’acheteur pouvait généralement choisir moteur, boîte de vitesses, rapport de pont, finition, etc. etc. pour faire des milliers de combinaisons dont certaines étaient parfois délirantes. Les options étant source de profit, les combinaisons les plus onéreuses pouvaient aller jusqu’à doubler le prix de vente par rapport à la version dénudée. Cette dernière, passablement pingre, était en fait plutôt rare sur le marché.
Les Américains n’ont cependant pas la patience de commander une auto sur mesure et de l’attendre pendant des mois. Les choix d’options étaient donc faits par les concessionnaires, et des dizaines voire des centaines d’autos prêtes à livrer étaient (et sont toujours) stockées sur leurs terrains – l’acheteur n’avait qu’à choisir parmi les exemplaires présents la combinaison qu’il préférait. La version “Export” de la Mustang était donc l’une de ces combinaisons.
Dès son lancement, la Mustang devient une légende du marketing. Son look fait rêver les américains, jeunes et vieux – et son prix ($2230 en version dénudée) la rend accessible à tous.
Une auto de secrétaire?
Au lancement de la Mustang, le magazine américain “Road and Track” est à l’extase: enfin une voiture sport américaine à 4 places. Et deux mois plus tard on en présente l’essai routier: la déception est amère.
Le problème de la Mustang, c’est qu’elle n’était rien d’autre qu’une banale Falcon réhabillée. Son châssis n’avait reçu aucune préparation: 4 freins à tambours, à moins qu’on ne spécifie les disques avant (en option), direction à 6 tours de volant entre les butées à moins de choisir la (trop légère) direction assistée (en option), suspension en chewing gum à moins de choisir la version renforcée (en option) – enfin vous voyez l’idée. Mais peu importe la combinaison, le châssis avait du mal à tenir les 210 hp du 289… qui même en ligne droite suffisait à peine à faire la barbe à une Giulia Sprint GT.
C’est là que Carroll Shelby vint à la rescousse. Afin de confirmer l’image sportive du modèle, Ford voulait que la Mustang puisse tenir tête à la nouvelle Corvette Sting Ray en courses SCCA. La chirurgie fut majeure: direction plus directe, géométrie de suspension complètement révisée, moteur porté à plus de 300 hp, boîte à 4 rapports rapprochés, capots en polyester, pont autobloquant, abolition de la banquette arrière, sirties d’échappement latérales – la GT-350 1965 était plus loin de la Mustang de base qu’une GTA ne l’était d’une Sprint GT.
http://img685.imageshack.us/img685/7425/1965shelbygt350rmustang.jpg
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#2

Posted 14 April 2010 – 08:26 AM
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#3

Posted 14 April 2010 – 08:42 AM
Moi cela m’a provoqué un élan irrépressible vers les obèses casqués conduisant des jaguars type E.
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#4

Posted 14 April 2010 – 09:01 AM
C’est dingue le nombre de fois où ce terme est employé dans les PA, alors qu’on a affaire à une ‘stang 200ci, un Duster en L6 ou un Charger 74 en 318ci…
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#5

Posted 14 April 2010 – 09:03 AM
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#6

Posted 14 April 2010 – 11:31 AM
Au bout d’un moment Shelby coupa court aux discussions et leur demanda “à votre avis, à combien sommes nous de la route dans cette salle ?”. Chacun estima la distance, en yards.
La bonne distance était 347 yards.
La GT 350 avait un nom.
Comme toujours avec ce genre d’anecdote, elle est surement plus belle que vraie, mais je la trouve pas mal dans la série “contes et mythologies automobiles”.
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#8

Posted 14 April 2010 – 04:56 PM
Ca n’arrivera plus, ça c’est certain.
L’escogriffe, voilà que vous nous narrez derechef une savoureuse anecdote: j’avoue avoir cherché longtemps, et dans toutes les unités de mesure anglo-saxonnes, l’origine de ce “350”.
PS: cette Mustang révisée par l’homme au Stetson est peut-être LA muscle car de mes rêves les plus fous. C’est la plus européenne en même temps, la plus latine presque. A ce sujet cher Yves, je trouve votre parallèle Mustang-Giulia Sprint en l’espèce, très pertinent: bien que Ford et Alfa n’aient rien de commun, ces deux autos se rapprochent. Il y a des détails, comme le volant tulipé, l’aspect macho de l’accastillage… Le statut de petit coupé, chacun à son échelle… J’ai pu admirer l’intérieur d’une belle Mustang Fastback première génération à Rétromobile: était-ce la qualité de la restauration? Toujours est-il que l’intérieur avait une chaleur, une qualité que je ne soupçonnais pas. Une influence véritablement européenne (les origines italiennes de Lee Iacocca?).
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#9

Posted 14 April 2010 – 05:22 PM
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#10

Posted 14 April 2010 – 05:44 PM
Pas d’accord en revanche pour après 69: j’adore les Boss ’71, leur gueule très méchante et leur aspect décadent, cela dit… C’est clairement autre chose.
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#11

Posted 15 April 2010 – 03:33 AM
On nous a déjà promis l’histoire du muscle car; commme çà ne semble pas venir, je pense que je vais m’y mettre.
BTW la Boss 351 de 1971 est rarissime: j’en ai peut être vu 2 ou 3 en 39 ans. Quant à la Mustang II votre perception est universelle. Peu ont survécu, et elles n’ont aucune valeur.
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#12

Posted 15 April 2010 – 09:27 AM
La Plymouth ‘cuda me plait pas mal aussi dans la famille Muscle Cars
http://img687.imageshack.us/img687/1547/1970plymouthbarracudabr.jpg
Rassurez moi Yves, elle est bien éligible dans la catégorie ? Dernière question candide: quelle est la différence entre une Muscle Car et une Pony Car ?
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#13

Posted 15 April 2010 – 09:52 AM
Le terme pony car fait référence à une auto compacte (dans le sens américain), abordable, au style sportif.
Le terme muscle car fait référence à une auto abordable avec un moteur de grosse cylindrée et démeusurément puissant.
Alors certains mettent en opposition les Pony car et les muscle car uniquement par leur dimensions et leur cylindrée. Une Camaro serait un Pony, une Chevelle serait une Muscle car elle est à la fois plus grosse et était disponible dans des cylindrées plus élevées. Mais pour moi une Pony car peut être une muscle car dans ses configurations les plus délirantes (comme Les Camaros Copo) et une muscle car est parfois trop grande pour être une Pony (Chevelle, Charger, Superbird, Impala SS…).
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#15

Posted 15 April 2010 – 10:54 AM
Non ce qu’il vous faut, c’est la version sportive, la ‘cuda (oui sans le barra, ne me demandez pas pour quoi). Au choix une ‘cuda AAR (sorte de race replica) avec le gros v8 “six pack” (parce que 3 carbus double corps) de 440ci si vous êtes pauvre, ou une hemi ‘cuda équipée du légendaire 426ci à culasse hemisphérique. Plus que 30 à 40ch d’écart, c’est tout un comportement moteur qui les sépare. Le 440ci six pack étant un v8 typiquement américain qui tourne à bas régime, alors que le hemi chante et se plait dans les tours.
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#16

Posted 15 April 2010 – 11:18 AM
Le terme “muscle car” désigne une autre famille d’autos nées de l’utilisation d’un moteur surdimensionné (pour les américians, 5 litres c’est la vie de tous les jours).
Quelque part les deux familles se croisent.
Le nom ‘Cuda désignait une version plus sportive de la Barracuda à partir de 1970. Celà n’empêchait pas de commander une Barracuda avec un moteur haute performance comme le 440 Six Pack – toujours le jeu des options. La ‘Cuda AAR fut en 1970 une série d’homologation destinée à inscrire la bête en série Tans Am. Son moteur était exclusif, un 340 Six Pack – car la série Trans Am limitait les cylindrées à 5 litres et excluait donc les “big blocks”.
La ‘Cuda AAR est-elle un”muscle car”? A suivre…
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#17

Posted 15 April 2010 – 01:36 PM
Les toutes premières automobiles avaient des moteurs monocylindres puis bicylindres. On se rendit compte rapidement que la configuration 4 cylindres avait un équilibre intrinsèque. Dès l’apparition de la Ford Modèle T, l’essentiel de la production automobile américaine fut muni de moteurs 4 cylindres. Mais on assista rapidement à une surenchère du nombre de cylindres. Dès 1914, Cadillac introduisit son premier moteur V8; suivi de Packard qui offrit en 1916 le “Double Six”, le premier V12 automobile.
Cette course aux cylindres plutôt qu’à la cylindrée (ou à la puissance fiscale) se poursuivit pendant des années. Dès le début des années 1920, Dodge, Nash, Chevrolet et beaucoup d’autres offrirent dans leurs modèles de base des moteurs à 6 cylindres. Les modèles plus étoffés (comme Buick et Packard) reçurent des 8 cylindres en ligne. Cadillac ne tarda pas à offrir des modèles à moteur V12, suivie par Franklin et d’autres. Cadillac eut le dernier mot avec le V16 de ses modèles haut de gamme. A noter que Duesenberg, le joyau de la production américaine d’avant guerre, n’entra pas dans cette course folle en se “contentant” d’un magnifique 8 en ligne, double arbre, à compresseur
Ford remplaça la T par la A en 1929 – toujours à 4 cylindres. Puis en 1932, coup de théâtre: Ford lance la Modèle B, avec en option un petit V8 certes peu sophistiqué mais offrant tout de même 65 hp. La version 4 cylindres disparaitra après 1934. Le vocable V8 entre dans les mœurs au point où on s’en servira pour lancer en 1933 une marque de jus de légumes, reprenant même sur les boîtes de conserve le logo créé par Ford.
http://img685.imageshack.us/img685/8010/ford1932v8500rb.jpg
http://img685.imageshack.us/img685/1628/flatheadfordv82.th.jpg
http://img688.imageshack.us/img688/7421/56v8juice.th.jpg
La guerre mit en veilleuse les activités automobiles. Le moteur V8 Ford fut employé à grande échelle dans des véhicules militaires (il sera fabriqué à cette fin jusqu’en 1961 en France). Au retour des GI au pays, les Américains étaient avides d’autos neuves : ils en étaient privés depuis 1942. Les manufacturiers réchauffèrent d’abord les modèles des années 30, mais les concepteurs libérés des activités militaires créèrent bientôt une nouvelle génération de moteurs V8 à soupapes en tête: c’est encore Cadillac qui mena le bal en 1949, suivie d’Oldsmobile avec son “Rocket 88” et graduellement de tous les autres, tout au moins ceux qui étaient appelés à survivre.
Les amateurs de performance n’attendirent pas les manufacturiers pour s’amuser. Quelque part en Californie, un rigolo eut l’idée d’installer un V8 Ford sur le châssis léger d’un modèle T, accompagnant le tout de pièces de récupération: on baptisa ce cocktail mécanique “hot rod”. Testostérone oblige, les bricoleurs de tous niveaux mesuraient la performance de leurs créations à travers des compétitions d’accélération pas toujours très sages. Vers la fin des années 40, la course d’accélération ou “drag” commença à se structurer sous l’égide de la NHRA (National Hot Rod Association) et le “Elapsed time” sur ¼ de mille (400 m) devint la norme de mesure.
http://img685.imageshack.us/img685/4703/1932fordflathead2.jpg
Puis de cette culture de la transformation naquit une autre idée de génie: celle d’installer le nouveau V8 Cadillac dans la caisse beaucoup plus légère d’une Ford 1949 neuve. Ce cocktail baptisé “Fordillac”, créé par un mécano du nom de Bill Frick est le véritable ancêtre du muscle car. L’un des premiers acheteurs de cette création s’appelait Briggs Cunningham, ce qui donna lieu à une longue collaboration. La Studebaker dessinée par Raymond Loewy vit ensuite le jour et s’avéra une bonne candidate pour la conversion.
http://img687.imageshack.us/img687/9486/1953studillacadvert.jpg
A suivre.
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#18

Posted 15 April 2010 – 05:05 PM
Parallèlement à votre historique du moteur v8, on pourra tout de même souligner que le 4 cylindre a continué à dominer avec insolence le monde de la monoplace aux états-unis avec le moteur Peugeot/Miller/Offenhauser qui équipait les midgets, monoplaces usac et formule libre avant de se voir supplanter au milieu des années 70 par les moteurs cosworth. Je crois même que la dernière participation d’un Offy aux 500 miles d’Indianapolis date du début des années 80.
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#19

Posted Yesterday, 01:16 PM
Ellole, on 14 April 2010 – 09:26 AM, said:
Pour moi, c’est définitivement l’univers de la blaxploitation avec ces muscle cars so funky en fond. C’est toute cette imagerie d’un NYC groovy et définitivement disparu.
Et la muscle car qui m’a toujours fait rêver, symbole de ce New York disparu de Harlem en passant par Little Italy des Mean Streets et Taxi Driver, c’est la Pontiac GTO de 1970.
http://www.oldcarandtruckpictures.com/hantscountycarshows/hantsport2006/1970_Pontiac_GTO_fsvd=KRM.jpg
Assurément too much, disgracieuse et décadente, elle est le symbole d’une époque et à elle seule la chronique d’une mort annoncée de l’automobile américaine. Jamais je n’achèterais une telle voiture mais elle appartient pour toujours à mon imaginaire automobile.
EDIT : En B.O. pour se mettre dans l’ambiance :
Voir la vidéo originale
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